En bref : début août 2026, des cybercriminels ont revendiqué le piratage de Bloctel et la diffusion d’une base d’environ 3 millions de numéros inscrits sur la liste anti-démarchage. Ce n’est pas encore confirmé officiellement dans le détail, mais le risque est clair : ces numéros peuvent alimenter spam, arnaques et SMS frauduleux. Si tu étais inscrit sur Bloctel, passe en mode prudence. Ensuite, vérifie un numéro suspect et lance une analyse gratuite pour voir où ton numéro circule déjà.
Que s’est-il passé avec Bloctel ?
Bloctel, c’est le service français où tu inscrivais ton numéro pour dire « ne me démarcher pas ». Ironie du sort : c’est précisément une base de ce type qui aurait fuité.
D’après les alertes cybersécurité, notamment FrenchBreaches (relayé par Frandroid), des pirates affirment avoir récupéré environ 3 millions de numéros, mis à disposition gratuitement sur un forum. Le scénario le plus cité : un compte professionnel de consultation Bloctel sans double authentification, avec des numéros affichés en clair.
À garder en tête :
- l’ampleur exacte et l’authenticité de toute la base restent à confirmer ;
- les éléments publics parlent surtout de numéros (+ identifiants techniques), pas forcément de ton nom ou de ton e-mail ;
- Bloctel ferme le 11 août 2026, quand le démarchage commercial bascule en opt-in (consentement requis). Voir notre article sur la loi stop démarchage.
Pourquoi c’est embêtant malgré la nouvelle loi
Un numéro sur une liste « je ne veux pas être appelé » est une cible de choix pour les arnaqueurs. Ils savent que la ligne est active et que la personne a déjà cherché à se protéger.
Risques concrets :
- plus d’appels et de SMS indésirables ;
- smishing (faux colis, faux remboursement, faux conseiller) ;
- spoofing (numéro qui ressemble à ta banque ou à un service public) ;
- enrichissement de listes illicites, surtout depuis l’étranger, hors du cadre français.
La loi d’août 2026 aide contre le démarchage commercial « classique ». Elle ne stoppe pas magiquement la fraude.
Es-tu concerné ? Comment le savoir sans paniquer
Il n’existe pas encore, en général, un bouton magique « suis-je dans le dump Bloctel ? » fiable et public. Et tu ne dois pas télécharger une base piratée pour « vérifier ».
En pratique :
- Tu étais inscrit sur Bloctel → considère ton numéro comme potentiellement exposé et applique les réflexes ci-dessous.
- Tu reçois soudain plus d’appels / SMS après l’alerte → note le numéro affiché, ne rappelle pas, ne donne rien.
- Tu veux voir si ton numéro circule déjà ailleurs (annuaires, courtiers, fuites recensées) → c’est le rôle de l’audit Data Knight.
Important : toutes les fuites ne sont pas immédiatement indexées dans les bases publiques. L’absence d’une alerte « Bloctel » dans un outil ne veut pas dire « zéro risque ».
Que faire tout de suite
- Ne confirme jamais un code, un RIB ou une identité au téléphone si tu n’as pas initié l’appel.
- Active le blocage des inconnus / un filtre d’appels sur ton téléphone si tu peux.
- Note date, heure, numéro affiché, ce qui a été dit.
- Signale un abus ou une arnaque sur SignalConso.
- Surveille SMS « colis », « remboursement », « compte bloqué » : ne clique pas. Voir aussi arnaque SMS colis et spam après une fuite.
Identifier un numéro suspect avec Stop démarchage
Data Knight n’est pas un bloqueur d’appels. En revanche, l’outil gratuit Stop démarchage te permet, sans compte, de coller un numéro français et d’obtenir :
- le type de ligne et les indices ARCEP (dont les plages NPV liées au démarchage / sondage) ;
- l’opérateur attributaire initial (pas forcément celui qui a appelé, et pas l’entreprise derrière l’appel) ;
- une réputation web à partir de signalements communautaires, quand disponible ;
- un pack texte prêt à coller pour SignalConso, plus un guide pas à pas.
Limites honnêtes : on ne te dit pas « c’est M. Dupont de telle société », et on ne détecte pas le spoofing. L’outil sert à documenter et signaler plus vite.
Vérifier ton exposition avec l’audit
Pour capitaliser sur cette alerte sans te limiter au dump Bloctel, lance une analyse gratuite avec ton e-mail et ton numéro.
L’audit te montre notamment :
- si ton e-mail ou ton numéro apparaissent dans des fuites déjà recensées (volet Fuites) ;
- si ton numéro / ton identité ressortent sur le web public ;
- chez quels courtiers en données tu es visible, ce qui alimente souvent le démarchage sur la durée.
Ensuite, tu peux passer à l’effacement là où le RGPD le permet. Pour le cadre général « ai-je fuité ? », voir aussi vérifier une fuite en 3 minutes.
Pour aller plus loin
- Stop démarchage : vérifier un numéro + pack SignalConso
- Analyse gratuite : fuites, web, courtiers
- Ce qui change le 11 août 2026
- Page droits : /comment-ca-marche/stop-demarchage



